# Quid du suivi des projets après leur campagne ?

Par Marika Cuby

En France, des milliers d’initiatives ont eu recours au crowdfunding pour amorcer, clore une levée de fonds, voire financer la totalité de leur projet.Plus de la moitié des porteurs réussissent leur campagne de collecte. Mais que se passe-t-il après que les fonds aient été collectés? Comment le projet évolue-t-il? Que deviennent les initiatives dont la collecte de fonds n’a pas été menée à son terme sur une plateforme de crowdfunding ? 

Au final, que sait-on du devenir des ces projets ?

 

L’information va aux contributeurs

 

Lorsqu’il s’agit du don contre don, les contributeurs suivent le projet sur les plateformes de crowdfunding car les créateurs de campagne les tiennent régulièrement informés de la progression de leur collecte et leur envoient des informations sur la poursuite de leurs actions.

 

Après la collecte, le lien n’est pas rompu car le porteur de projet a tout intérêt à garder le contact avec cette communauté de « financeurs » rattachée à la campagne. De leur côté, les donateurs peuvent rester en relation avec les porteurs de projets et pourquoi pas s’engager plus avant dans l’accompagnement du projet (soit par de nouveaux dons, soit par du mécénat de compétences…).

 

Quant aux projets qui n’ont pu achever leur collecte, rien ne dit qu’ils aient été abandonnés. Au contraire, nombreux sont ceux qui ont utilisé cet outil comme un puissant levier de communication et ont poursuivi leurs actions.

 

Qu’en est-il pour le grand public ?

 

Les projets à très forte visibilité (record de montant collecté) sont suivis par les médias qui évoquent souvent des projets soutenus par des personnalités, des entreprises connues ou des succès dans les secteurs de la musique, des séries, des jeux vidéo et de la technologie.

 

Le grand public entend également parler d’événements insolites (telle la collecte exponentielle d’un américain pour une salade de pommes de terre via Kickstarter) ou de malversations (rares et provenant essentiellement des « majors » américaines).

 

A contrario, peu de retours sont faits sur la multitude de projets ou de start-up œuvrant dans le solidaire et le développement durable.

 

De manière générale, il n’existe pas véritablement de suivi des projets, de bilans ou de statistiques sur les résultats de ces innombrables initiatives.

 

Comment expliquer ce manque de suivi des projets ?

 

Les plus grosses plateformes, telles Kiss Kiss Bank Bank ou Ulule font de gros efforts pour fournir des chiffres globaux sur les résultats de leurs collectes et tentent d’être les plus transparentes possibles. Dernièrement, Ulule a mis en place un système (l’API d'Ulule) pour permettre aux utilisateurs de la plateforme d’accéder aux données, catégorie par catégorie.

 

Cependant, que ce soit dans le don, le prêt ou l’Equity, les plateformes n’ont guère le temps ni les moyens humains et financiers pour réaliser des études poussées sur des centaines ou des milliers de projets qu’ils conseillent et qui transitent sur leurs sites.

 

La multitude de petites et moyennes initiatives (des millions dans le monde) rend la tâche particulièrement ardue pour les plateformes.

 

Par ailleurs, la jeunesse de cette industrie doit être prise en compte et il n’est pas étonnant qu’elle n’en soit qu’à ses balbutiements en matière d’évaluation de l’impact de ces initiatives sur l’économie réelle.

 

Quelles solutions envisager?

 

A moyen terme, les plateformes devront cependant effectuer ce travail de suivi des projets dans le temps, d’analyse des résultats et de bilans. Les plus grosses souhaiteront peut-être internaliser ce service, d’autres pas.

 

A cet égard, le rôle de l’association française de finance participative pourrait être de recueillir les données et de travailler avec les différents acteurs concernés par cette pratique, tels la Banque Publique d’investissement (BPI), les banques partenaires mais également les réseaux d’accompagnement et les CCI. Certains pourraient aider les plateformes à réaliser le travail de suivi et d’analyse quand les autres contribueraient à centraliser et agréger les données.

 

Pourquoi ne pas associer également à ces travaux les consultants spécialisés en crowdfunding ?

 

L’essentiel étant que ces acteurs variés s’entendent sur leurs missions respectives et se coordonnent.

 

Quel intérêt de suivre ces initiatives ?

L’intérêt de ce suivi est triple :

-        en premier lieu, mesurer l’impact réel de ces projets dans l’économie du pays et s’il est d’importance, recourir davantage à cette pratique en allant plus loin dans l’assouplissement de la réglementation

-        ensuite, communiquer sur les succès des initiatives et le pourquoi des échecs pour encourager porteurs de projets, start-up et entreprises à utiliser cette nouvelle manne financière d’une part et rassurer les donateurs d’autre part

-        enfin, aider les porteurs de projets à utiliser au mieux cet outil (grâce à une meilleure connaissance des modèles de crowdfunding, de ce qui fonctionne ou non…)

Soyons optimiste : on peut raisonnablement s’attendre à ce que, dans l’avenir, les évaluations se multiplient dans le secteur du crowdfunding.

Profil

Marika Cuby est Spécialiste des financements et du développement durable et a réalisé et a réalisé un mémoire sur le développement du crowdfunding et le développement durable en 2013  au Conservatoire National des Arts et Métiers.

1 Commentaire

  1. sontot 4 janvier 2016 Répondre

    bonjour je m apelle sontot cedric et je suis a la recherche de financement pour mon projet qui consiste a ouvrire un centre auto dans le secteur de chatillon sur seine ayant pas droit au credit banquaire je cherche une solution d aide au financement de ce projet je suis actuellement artisan mecanicien auto je souhaite m agrandir dans ce domaine aurait t il une personne qui pourrais me diriger vers des contactes merci d avance

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