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Industries culturelles et internet

Les industries culturelles et les médias traditionnels connaissent une crise sans précédent, où le lecteur et le spectateur sont de moins en moins prêts à payer. La donne a changée, ce sont les contenus trop nombreux qui se battent pour qu’on s’intéresse à eux, plus le contraire. La production culturelle n’a jamais été aussi riche. Presque un millier de nouvelles œuvres littéraires sortent chaque année, des tonnes de titres, d’albums, de films, de séries, programmes sur des centaines de TV et radio sans compter YouTube et ses Youtubeurs.

Nous entrons dans une économie dont l’attention constituerait la première rareté et la plus précieuse source de valeur. Dans son ouvrage,  » l’économie de l’attention – Nouvel Horizon du capitalisme  » Yves Citton, professeur de littérature à l’université de Grenoble, auteur également d’un essai  » Pour une écologie de l’attention paru aux éditions seuil en 2014, nous invite à penser le destin de nos économies en termes d’attention – mais qu’il serait calamiteux de laisser les seules logiques capitalistes reconfigurer nos régimes attentionnels.

Comment sur le web aujourd’hui l’on bataille aujourd’hui pour avoir votre attention et continuer à vous informer et vous distraire.


On le sait, la situation économique de la presse, qu’elle soit papier ou numérique est précaire. Avec Internet et l’ogre Google, nous sommes passés à l’ère de l’abondance, le temps de l’ORTF et du ministère de l’information est bien loin. Il suffit de taper un mot dans le moteur de recherche et nous nous retrouvons avec de multiples occurrences, certes de différentes qualités.

L’économie de l’attention et celle de la recommandation (par les réseaux sociaux) ont fortement bousculé les hiérarchies et laissés (les grands) médias face aux murs de la gratuité.

Face à ce nouveau défi : La valeur ajoutée apportée dans la présentation de l’information est l’une des clefs.

Aujourd’hui, la valeur se déplace des contenus vers l’attention que les individus sont susceptibles d’y porter, compte tenu du temps limité dont ils disposent et de la masse d’informations qu’ils ingurgitent chaque jour. La valeur n’est plus uniquement dans le partage de l’information dans un délai court, mais aussi dans sa capacité à susciter l’intérêt et transmettre l’information pour qu’elle soit intégrée. La valeur ajoutée se déplace donc vers les interfaces, mettant en valeur et enrichissant le contenu et son usage : l’exemple de Brut  diffusé uniquement sur les réseaux sociaux ou le data journalisme démontrent que les évolutions sont immenses. Tous les créateurs de contenu se doivent aujourd’hui d’être où est présent leur public, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux. Savoir mettre en valeur et dynamiser du contenu sur Facebook ou Instagram est déterminant tant pour les organes de presse, les industries culturelles, que pour les artistes indépendant.

Qu’est-ce que cela implique dans le domaine artistique et culturel ? Les intermédiaires vont-ils disparaître ?

La magie du web et des innovations technologiques (blockchain) permettent-elles réellement à des artistes indépendants de sortir du lot, de rencontrer leur public et de vivre de leur activité, sans accompagnement ?

Une question où il est difficile de répondre par l’affirmative ou la négative.

Pourquoi cela ? Parce que le rôle des intermédiaires est loin d’être compromis, il est illusoire de croire que le grand public pourra connaître un artiste indépendant en devenir sans la recommandation d’amateurs avisés.

C’est là qu’interviennent de nouveau, les intermédiaires et média, ils doivent se poser à l’ère des réseaux sociaux comme médiateur, prescripteurs entre les créateurs et le public. Des nouveaux acteurs véritables dénicheurs et éditeurs, citons notamment Youdeo apparaissent. Le terrain de jeu change, mais les besoins de « détection »  » de recommandation demeurent.

Les artistes deviennent eux-même des influenceurs en monétisant leurs audiences à travers le placement de produits ou partenariat.

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