Décryptage du modèle économique de Mymajorcompany

Comment ils ont réussi à s’imposer et apparaître aujourd’hui comme une référence en s’appuyant sur un système sur lequel ils gagnent sur tous les tableaux.

Comment ils se sont fait connaître…

Pour Mymajorcompany tout a commencé par une vidéo virale sur les sites de partage, où l’on assiste à l’enregistrement d’un disque, qui tourne à l’humiliation par un producteur incompétent, d’un musicien que l’on connaît tous…. Jean Jacques Goldmann.
Le message derrière cette vidéo : « le temps des producteurs tout-puissants est révolu, prenez le contrôle de la production de vos artistes »
Le Concept simple et fédérateur est là…
Faut-il encore le faire savoir, apparaître comme une solution crédible et avoir une base de contributeurs internautes assez importante pour commencer à faire effet de levier.
D’où cette vidéo, qui attira rien qu’en trois jours près de 150 000 visites.
Très joli coup marketing, n’est-ce-pas ?
Pourquoi Jean Jacques Goldman, me direz-vous ?
Tout simplement parce que l’initiateur du projet est son fils. Cela aurait été dommage de ne pas profiter de la notoriété de PAPA alors que l’on lance un label participatif sur internet.

Jusqu’alors beaucoup aurait peu parié sur un site de financement participatif de disques (On pouvait entendre…les gens ne sont pas prêt à mettre de l’argent sur des projets artistiques, les internautes préfèrent télécharger illégalement)

Pourtant en moins de 6 mois, un artiste, que personne ne connaissait Grégoire, dont les premières chansons diffusés, lui ont permis de soulever les fonds nécessaires pour produire et diffuser son album, émerge et fait littéralement un carton.
Son single TOI + MOI + tous les autres fait non seulement son succès mais aussi celui de Mymajorcompany et de son modèle économique novateur. Sans internet, sans les internautes qui ensemble ont soutenu son projet, comme on a pu l’entendre, Grégoire n’aurait pas pu sortir son disque et vivre cette belle histoire…

Sur quoi s’appuie le modèle économique

Cette image digne d’un conte de fée, des plus belles success story américaine est quelque peu construite ( !)
Tout d’abord, le chanteur Grégoire était déjà en contact avec quelques maisons de disques (il n’est pas un illustre inconnu), il a fait le pari de choisir le label Mymajorcompany et de jouer sur les conseils des membres du label sur l’effet buzz…
Ce qui a marché au-delà de ses espérances…

Ensuite toute la force du modèle économique de Mymajorcompany est d’établir eux-même un seuil à partir duquel ils peuvent lancer un disque en l’occurrence 70 000 € à l’époque, aujourd’hui 100 000, une somme très confortable, qui leur permettent sans nul doute d’envisager très sereinement la production de l’album.
Ensuite là où le système est ingénieux et fait pâlir Universal ou d’autres Maisons de disques, c’est que le site récolte des fonds pour produire et financer le marketing, mais le principal atout et force de frappe publicitaire des musiciens qui sont financés ainsi, ce ne sont pas les pochettes, les affiches ou les campagnes de pub dans les magazines, mais bien les internautes coproducteurs de leur disque, qui écoutent ensuite et font du prosélytisme autour d’eux.
Enfin et c’est loin d’être à négliger, en sortant un artiste sélectionné par eux, mais financé par les internautes, ils sont gagnant sur tous les tableaux…
En effet, si l’artiste rencontre le succès, ils retirent la gloire, la publicité et tout de même une grande partie des bénéfices…
Même s’il faut le reconnaître un internaute qui a investit sur Grégoire récupérera 12 fois sa mise qui dit mieux… ??
Et si l’artiste fait un flop, non seulement ils ont pris un risque limité en faisant investir les internautes, mais ils ont pu faire travailler l’argent collecté et faire travailler leur équipe sur la production de l’album.
Ils ont déjà presque rentabilisé ou du moins limité au maximum les risques de la sortie du disque (produit).

L’«ingéniosité» du modèle économique du label Mymajorcompany est de s’appuyer sur les internautes pour financer la sortie des disques et donc de leur faire prendre le risque du lancement, mais aussi de les «utiliser » pour faire de la promotion et rechercher de nouveaux coproducteurs. Je connais beaucoup d’entreprise qui aimeraient pourvoir s’appuyer sur ce modèle dans leur secteur.
D’où la naissance d’ailleurs depuis peu de site internet s’appuyant sur ce modèle comme Touscoprod.com ou Kisskissbankbank.com et l’investissement de trois millions d’euros dans le capital du label de Stéphane Courbit, l’ancien président d’Endemol France, grand pourfendeur de la médiocrité intellectuelle, comme tout le monde le sait. Mais l’on ne peut pas leur enlever, c’est qu’ils innovent dans un secteur en crise, qu’ils sortent des artistes… même si personnellement je ne suis pas sûr que cela soit au profit de la qualité de la production musicale

Liens ressources…

http://www.mymajorcompany.com/

Interview de l’un des cofondateurs de mymajorcompany.com

http://www.neteco.com/294746-sevan-barsikian-mymajorcompany-producteurs-gregoir.html

Video de Jean Jacques Goldmann (humour limité mais cela a fait son effet)


lundi 16 novembre 2009

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