Le crowdfunding a-t-il pour vocation à financer le football ?

Le football et ses millions.

Alors que le tirage au sort de la phase finale de la Coupe du monde 2018 vient d’avoir lieu le 1er décembre 2017 et que tout le monde attend ce rendez-vous en Russie pour vibrer et parier pour son équipe nationale.

Le sport générateur de passion et suscitant l'engouement de nombreux fans, il est logique de penser que le crowdfunding pourrait avoir sa place dans le financement du sport roi : le Football. Le F.C Barcelona n'appartient déjà-t-il pas à ses supporteurs (socios).  Mais tout n'est pas si facile, est-il légitime de faire appel au don pour payer les salaires de star ?  Qu'est-ce que pourrait financer cette forme de financement populaire et citoyen ?

De nombreuses tentatives de financement par le crowdfunding ont été lancées en France sans grand succès pour financer des clubs de LIGUE 1, rappelons nous de l’initiative de supporters marseillais pour racheter leur club de cœur ou même de rugby.

Le financement du football en France.

En France, sur la saison 2015/2016, la Fédération française de football (FFF) compte plus de 2 200 000 licenciés dont 77 000 féminines (Chiffres clés FFF). Elle dénombre également 17 753 clubs  amateurs et 40 clubs professionnels évoluant en ligue 1 ou en ligue 2.

Tous peuvent imaginer avoir recours à une plateforme de crowdfunding sportif, des clubs populaires comme Lens et Saint-Etienne ont tenté d’y faire appel. Mais pouvant compter déjà sur la manne financière des droits télé et à des sponsors intéressés par la visibilité offerte par le petit écran, est-il légitime pour eux d’avoir recours au financement populaire.

Un financement alternatif et complémentaire pour les « petits clubs amateurs »

Mises à part quelques rares équipes qui arrivent malgré leur amateurisme à déplacer les foules dans leurs stades, la plupart ne peuvent pas promettre une visibilité suffisante à des sponsors à la recherche d’exposition populaire et médiatique.

 

En réalité, sans rentrer dans le détail, les clubs de football vivent essentiellement grâce aux cotisations versées par les licenciés, à quelques subventions (dont celles du CNDS), des sponsors généralement locaux mais surtout grâce au bénévolat. Car on l’oublie souvent mais si les clubs emploient 7000 salariés, ils bénéficient du soutien gratuit de 350 000 bénévoles !

 

Dans une tribune sur Libération en avril 2017 l’ancien Footballeur Vikash Dorasso et Brieux Férot pour le mouvement Tatane (mouvement collectif et populaire pour un football durable et joyeux) posait déjà la question du financement du football amateur et du rôle que pourrait jouer le crowdfunding.

 

« Les visées de la finance participative sont à la fois économiques et pédagogiques : rendre humain, tangible, visible et clair le financement d’un club permet à la fois de trouver rapidement les moyens de réaliser des projets fédérateurs, mais aussi et surtout de retrouver la confiance et de la solidarité. La Fédération revendique le financement du football amateur par le football professionnel par le biais d’outil tel que le fonds d’aides au football amateur. Pour autant, il est impossible de parler de politique publique de football. Le crowdfunding n’est pas un palliatif à la désaffection du politique et de l’économique pour le football amateur au détriment de l’industrie du spectacle footballistique, mais bien un complément aux dispositifs existants.

 

La finance participative est aussi une réponse plus souple que l’actionnariat de supporters dans le capital d’un club. ( …)

 

Le crowdfunding a pour objectif de fédérer les personnes qui suivent le club autour d’un projet. Le crowdfunding vu par le prisme social doit permettre de replacer le football au centre de la cité. Il constitue à la fois un symbole et un levier pour réinventer un football durable et joyeux. »

Un Bon exemple

Le financement participatif doit être utilisé à bon escient : pour financer des projets concrets, qui ont du sens pour l’ensemble du club. La campagne menée par le club de Boulogne Billancourt  sur KissKissBankBank en CFA, qui a lancé une campagne en juillet 2015, en est un bon exemple.

Les porteurs de projet invitaient les internautes à participer « au développement d’un grand club de football en région parisienne, qui s’appuierait sur la formation de jeunes joueurs franciliens, qui laisserait s’exprimer ses supporters, et qui arborerait fièrement les valeurs de solidarité, de diversité et de plaisir. » Les fonds récoltaient avaient pour objectif avant tout de renforcer l ‘équipe A afin d’envisager de rejoindre l’élite. Ils ont réussi à rassembler une somme non négligeable : 15.000 €.

Voici les projets détaillés du club.

Le projet, pour les 5 années à venir, s’articule autour de 5 grands axes :
- Promouvoir les valeurs historiques du club
- S’appuyer sur la qualité de la formation et des équipes de jeunes
- Développer l’attractivité du club, moderniser son image par la communication, le marketing digital
- Créer une communauté de supporters qui participent à la vie du club
- Professionnaliser le club

 

 

 

Rien sans engagement au crowdfunding comme dans le sport

Les clubs de foot amateur ne risquent rien à se lancer dans une campagne de financement participatif mais doivent bien avoir en tête qu’il faudra un minimum d’investissement pour atteindre ses objectifs, s’ils veulent imaginer pouvoir reproduire un modèle de financement de type «  socios » comme en Amérique du Sud. Comme dans le sport, on n’a rien sans rien et il faudra parfois mouiller le maillot !

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