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Comment la blockchain va disrupter le marché de l’art ?

Où avec la blockchain dans un futur proche, des sociétés proposent de reproduire la rareté dans l’environnement numérique.

Théoriquement, une des possibilités qu’offrirait désormais la chaîne de blocs serait de reproduire la « rareté de l’objet physique » que l’on a perdue de vue depuis l’invention du Web et la numérisation des contenus.

Outre la possibilité qu’elle offre de « stocker de la valeur » ou de tenir un registre infalsifiable au sujet d’une entente ou d’une transaction, la chaîne de blocs permettrait aussi de garantir qu’une valeur ou une identité « X » ne se retrouve pas à deux endroits en même temps dans un environnement numérique connecté (comme le Web, par exemple).

Selon Guillaume Déziel, dans son article Blockchain : reproduire la rareté dans l’environnement numérique.

On a pu récemment observer le phénomène du « cryptocollectionneur » avec les Cryptokitties, ce marché où les gens s’achètent de petits chats numériques uniques et se les échangent par la suite. S’il y a un tel engouement pour les images uniques de chatons, imaginez deux secondes la popularité d’une collection complète de cartes de hockey lancée par la NHL sur la Blockchain.

Malgré tout, l’idée de reproduire la rareté d’un objet physique dans un environnement numérique n’est encore que bien théorique et son efficacité demeure toujours à démontrer. Jusqu’à preuve du contraire, la contrefaçon numérique est assez facile et très peu coûteuse à effectuer. Quiconque connaît la commande « Pomme+Shift+4 » (capture d’écran) sur un Mac peut créer « l’image d’une image » en un seul clic. Cela dit, il semblerait que des collecteurs (crawler en anglais), soit de petits logiciels qui explorent sans répit le Web, pourraient repérer sur le Web des objets numériques contrefaits. Déjà, plusieurs entreprises ont annoncé se servir de la chaîne de blocs pour raréfier les contenus numériques et en contrôler les usages commerciaux légaux. En voici quelques-unes :

Binded offre la possibilité de créer une empreinte numérique unique (fingerprint) liée à une image, de la distribuer et d’octroyer des licences d’utilisation pour l’œuvre. Ces empreintes sont publiées sur la chaîne de blocs et un collecteur moissonne le Web pour y dénicher l’existence de copies contrefaites.

Monegraph: ce studio new-yorkais vend des licences d’utilisation d’œuvres à des prix et des conditions variables. Des contrats intelligents (intelligent contracts) exécutent les paiements.

Verisart: cette entreprise permet de générer des certificats d’authenticité pour chaque œuvre formant une collection d’œuvres d’art numériques.

Scenarex: cette entreprise propose aux créateurs de contenu littéraire et aux éditeurs de livres la possibilité d’optimiser la gestion de leurs œuvres numériques et de détecter le piratage.

Pour résumer, le marché de l’art est un secteur qui peut se voir bouleverser par les 3 cas d’application de la blockchain :

  • Par le transfert d’actif d’abord, car il sera bientôt possible d’acheter de l’art en bitcoin ou autres cryptomonnaies, devises créées à partir de la technologie blockchain.

  • Un autre cas d’usage est celui de la blockchain en tant que registre en ce que la sécurité, la transparence et la traçabilité permise par la blockchain apparaissent comme une solution à la fraude, trop courante sur le marché de l’art.

  • La traçabilité des différentes opérations par un algorithme autogéré simplifiera les démarches d’authentification aussi bien pour le collectionneur que pour le vendeur, car la technologie est infalsifiable, inviolable et transparente. Citons la société Blockchain Art collective, qui propose de fournir une identité d’art holistique, qui combine les fonctions de signature de l’artiste, un certificat d’authenticité papier ou numérique, sécurisée, accessible financièrement et référencé au monde de l’art.

Problématiques rencontrées : Pour une œuvre datée de 1917, comment certifier ? Les pièces les plus difficiles à tracer sont généralement celles qui sont antérieures à 1945. Comment donc vérifier si les informations enregistrées par des tiers sont vraies sur ce segment ?

Les smart contracts vont également apparaitre sur le marché de l’art, car la blockchain peut intervenir dans l’achat, la chaîne logistique ou l’assurance des œuvres d’art, en assurant les mêmes garanties de sécurité et de traçabilité qu’actuellement, mais sans intermédiaire.

La technologie de la chaîne de blocs permet désormais la création d’un « objet numérique » unique et son exploitation fondée sur le contrôle de son usage. Dans les années à venir, il sera fort intéressant de surveiller le développement d’un tel principe dans le monde des contenus médiatiques.

Les NFT ou Non-Fongible Token

On arrête désormais plus d’en parler. Ils suscitent un intérêt croissant créant ainsi un marché dorénavant dynamique où interagissent investisseurs de différents secteurs tels que l’art, le sport et les jeux vidéo.

Il s’agit bien de certificats numériques dont l’authenticité est garantie par la blockchain. Les NFT sont uniques et ne peuvent pas être reproduits. Grâce à son certificat d’authenticité, un NFT n’appartient qu’à la seule personne qui la possède. C’est ce caractère unique qui fait notamment fluctuer sa valeur marchande. Et où l’on parle de fluctuation, il y a possibilité de réaliser une plus-value donc il faut investir.

Les NFT font leur apparition sur le marché de l’art contemporain vers 2016-2017. Ils sont devenus un phénomène mondial après un collage numérique de l’artiste Beeple, en mars 2021, adjugé à 69,3 millions de dollars. Ce sont plus de 2,5 milliards de dollars de transactions ont été générés par les tokens non fongibles sur les premiers mois de l’année 2021. Et on enregistre la première explosion de la bulle des NFT au mois de mai 2021 (un volume de 176 millions de dollars de transactions).

Les deux types de NFT les plus rencontrés pour le moment sont les jeux vidéo et les “collectibles”. Les objets virtuels à collectionner sont notamment des cartes, des images ou des GIF.

Pour investir dans les NFT, il faut avoir des cryptomonnaies, plus précisément l’Ethereum (ETH), sur son portefeuille numérique qui permettra également de stocker les NFT. Il existe principalement deux plateformes pour investir dans les NFT : OpenSea (qui capte 98% du marché) et Rarible.

La course aux œuvres d’art numériques est plus que jamais lancée. Tout le monde peut spéculer, collectionner des NFT pour espérer en tirer un max de profit à long terme. Néanmoins, ça reste un marché réservé aux investisseurs qui savent prendre des risques. Les questions en rapport à son futur restent persistantes. Les NFT constituent une aubaine pour la communauté créative et les investisseurs. Ils ont certainement encore du chemin.

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